Un petit partage?

samedi 14 décembre 2013

Interview : François Quiquet, un passionné des grands espaces sauvages et des mondes polaires.

5 commentaires :
 
Tjena,

J'ai l'honneur de vous présenter aujourd'hui une interview exclusive de François Quiquet, un français passionné par les espaces sauvages et les mondes polaires. Blogueur, voyageur, aventurier, il a plusieurs sommets à son actif et plein d'anecdotes à nous raconter sur ses nombreuses expériences hors des sentiers battus. N'oubliez pas votre couverture et mettez vous au chaud, cette interview risque de vous rafraîchir d'ici peu. C'est parti !

Un aventurier respectueux de son environnement. 

Pour commencer, peux-tu te présenter brièvement?

Je m'appelle François. Je suis l'auteur du site Un Monde d'Aventures. Dans la vie de tous les jours, j'ai un travail normal, on va dire rémunéré. Mais dans mon esprit, je plonge en permanence au fin fond des grands espaces, des terres sauvages et isolées. J'ai la passion des mondes polaires et j’aime les partager sur mon site.

D’où vient ta passion pour l’aventure et pourquoi es-tu attiré par les pays nordiques et polaires ?

J'ai toujours admiré les grands aventuriers comme Jean-Louis Etienne, Paul Emile Victor, Théodore Monod, Mike Horn. J'ai longtemps cru que l'aventure était réservée à ces personnes. Et un jour, je me suis aperçu que chacun peut en fait vivre sa propre aventure et devenir un explorateur à sa façon. Le choix de ces régions nordiques et polaires réside dans le fait que j’aime les grands espaces sauvages et leur intensité. D’une façon générale, j’aime me retrouver dans la nature à l’état pur. C’est dans ces lieux là que je ressens de grands moments de liberté. C'est l’occasion de passer le mythique cercle polaire, de se retrouver face à une nature plus ou moins hostile et de vérifier son aptitude à y faire face. Du coup, je pratique le raid nordique en ski-pulka-bivouac et cela provient de mon envie d’associer le plaisir de la randonnée à ma passion du ski. J’aime également les phases de préparation de ce genre d’expédition. Ce sont des étapes très importantes, qui sont primordiales pour la bonne réussite du projet. C'est l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques et de faire connaissance avec de nouvelles personnes qui partagent la même passion. Ces moments permettent de s’approprier progressivement le projet et de commencer à s’évader.

Les skis et la pulka, le moyen de transport favori de François. 

Tu as plusieurs jolis sommets à ton palmarès, notamment le Mont Blanc (4810m), le Kilimandjaro (5895m) et l’Elbrouz (5622m). Lequel a été le plus dur à gravir ? As-tu quelques anecdotes à partager vis-à-vis de ces ascensions ?

L'altitude a commencé à m'attirer vers 2005. Je ressentais un vrai besoin de gravir des montagnes. J'étais comme aspiré vers les sommets, j'avais envie de prendre de la hauteur et d'avoir la tête dans les nuages. C'était aussi pour moi une façon de me lancer des challenges. Quand j'ai gravi le Mont-Blanc en 2006, j'ai vraiment beaucoup souffert physiquement. C'était mon premier grand sommet. Je n'avais aucune expérience. Je ne savais pas ce qui m'attendait. Cela représentait la chose la plus difficile que j'avais fait jusqu'alors. Ensuite, il y a eu le Kilimandjaro en 2009. Là, j'ai beaucoup souffert le jour du sommet à cause de l'altitude et du froid. J'ai eu des petites gelures au bout de quelques doigts ainsi que des petits vaisseaux sanguins qui ont explosés à l'intérieur des yeux. 

Ascension du Kilimandjaro en 2009

A partir de là, j'ai commencé à acquérir de l'expérience. J'étais mieux entraîné et j'abordais mes sommets beaucoup plus sereinement. J'ai réalisé le Grand Paradis, le dôme de neige des Ecrins. Et puis, il y a eu, en 2013, l'Elbrus, le toit de l'Europe. Le sommet fut très dur à atteindre. C'était très physique. Mais l'expérience m'a aidé à bien doser mon effort et à atteindre mon objectif. C'était vraiment extraordinaire.

Ascension de l'Elbrus en 2013. 

Tu as aussi traversé la Laponie en autonomie et sous la neige, qu’en as-tu tiré au niveau personnel? J’imagine que tu as passé plusieurs jours dans le désert de glace sans voir personne, ce n’était pas trop dur psychologiquement ? Et physiquement ?

J'adore partir seul, loin de tout et longtemps. Je suis alors parti en avril 2011 réaliser la traversée d'une partie de la Laponie suédoise en suivant la voie royale (Kungsleden). J’ai appelé ce voyage, «La traversée des Alpes de Laponie». J'en suis revenu avec des images plein les yeux. J'ai utilisé un mode de déplacement traditionnel: le ski de randonnée nordique en tirant une pulka (traîneau d'expédition). C'est un choix respectueux de l'environnement, un mode de déplacement doux qui m'a permis d'être au plus près de la nature dans un environnement difficile. Le froid et le vent ont été mes compagnons quotidiens. J'ai bivouaqué quel que soit le temps. Cela m'a permis de vivre, en quelque sorte, comme les Samis d'antan. Depuis mon retour, ma vision de la société est légèrement différente. J'ai l'esprit beaucoup plus critique envers les choix sociétaux qui sont effectués. J'ai d’avantage envie de m'engager pour défendre mes convictions.

En Laponie en 2011.

Je ne peux qu'apprécier ta dernière remarque. Tu es aussi allé au Groenland, un rêve pour plusieurs d’entre nous. Alors, ça ressemble à quoi ? Qu’en gardes-tu comme souvenir ?

Après la Laponie, j'ai eu l'envie de repartir vivre une nouvelle aventure, encore plus engagée, encore plus proche de la nature, pour mieux la connaitre, pour d'avantage mettre mon corps et mon esprit à l'épreuve. Avec 2 amis, nous avons monté entièrement un voyage de 2 semaines au Groenland en mars 2012. L'objectif était de rejoindre en ski-pulka la cabane de Paul-Emile Victor, traverser des fjords glacés, monter sur l'inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland. Des conditions météos catastrophiques et un débit de Piterak, un vent catabatique venant de la calotte glaciaire soufflant à plus de 200 km/h nous a obligé à renoncer à nos ambitions. Nous nous sommes contentés alors d'une incroyable traversée en ski-pulka à travers les montagnes pour rejoindre Tiniteqilaaq, un village de chasseurs-pêcheurs inuit. Nous avons formidablement été accueillis par les habitants et encore plus par les enfants.

Lors de son expédition au Groenland.

Une jolie transition pour ma question suivante: As-tu tout de même le temps de rencontrer des locaux ? Si oui, qu’en penses-tu ?

Dans mes voyages, j'ai une part d'égoïsme car je voyage avant tout pour moi et non pas forcément pour aller vers les autres. Ce n'est pas mon objectif premier. Au début et à la fin de chacun de mes voyages, je suis bien sûr au contact de la population locale. Mais comme mon objectif est de réaliser des traversées solitaires, je m'échappe assez vite. Cela ne m'empêche pas de faire des rencontres et d'établir des contacts. Je vous rassure, je ne suis pas un ours. Au contraire, je suis quelqu'un de très ouvert.

Avec des locaux au Groenland. 

Tu parles de « voyage lent », peux-tu en dire un peu plus pour ceux qui ne connaissent pas le concept? Pourquoi privilégier ce type de pratique à l’heure où le « toujours plus et toujours plus vite » est de mise?

En effet, dans mes voyages, je ne cherche pas à battre des records de vitesse ou à établir des premières mondiales. Déjà, parce que j'en suis incapable mais surtout parce que cela ne m'intéresse pas. Bien au contraire, je cherche à profiter de l'instant présent. Carpe Diem. Cela permet de me ressourcer, d'avoir l'esprit complètement vide, loin de toutes les contraintes liées à la vie quotidienne, à la vie moderne. Pour moi, la meilleure attitude à adopter est la lenteur. Cela me permet d'être en harmonie avec l'environnement qui m'entoure. Je fais ma trace en pratiquant un mode de déplacement doux, non polluant, proche de la nature, propice à la rencontre avec les animaux.

Rencontre avec un ours, ou presque. 

Enfin, as-tu des projets futurs liés aux projets nordiques?

Ma prochaine destination pourrait bien être de repartir dans le Sarek, ce parc légendaire pour tous les Suédois. La dernière fois que j'y suis allé, je n'ai pas pu réaliser exactement ce que j'avais prévu. Or, quand je m'engage dans un projet, cela devient quelque chose de sacré, comme un chemin de croix, que je dois réaliser coûte que coûte. Ces voyages m'enrichissent car ils me permettent de mieux me connaitre. J'essaie également de partager au mieux mes expériences pour en faire profiter et peut-être aussi pour susciter de telles vocations chez d'autres personnes. 

Un grand merci à lui pour avoir pris le temps de nous parler de sa passion et de ses voyages les plus impressionnants les uns que les autres. Et vous, qu'en pensez vous?

Retrouvez Francois sur son site "Un monde d'aventures" et n'hésitez pas à aller aimer sa sympathique page Facebook.

Pour les retardataires ou pour ceux ayant la mémoire courte, n'hésitez pas aussi à redécouvrir mes autres interviews en cliquant ici.

A bientôt,

Hej då och tack så mycket,

Léon.

5 commentaires :

  1. Ah ouais un sacré aventurier dis-donc. La majorité des sommets dont ils parlent j'aimerais le faire. Je n'ai qu'une chose à dire: RESPECT ^^

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    1. La même pour moi. Malheureusement entre l'envie de le faire et la réalité, il y a une souvent une certaine distance. Au fait, je viens de découvrir ton site, j'aime beaucoup, j'y retournerais ! :)

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  2. Merci pour l'accueil sur ton blog. J'espère que tes lecteurs vont apprécier.

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  3. oufff Francois je sais pas comment tu fais pour courir les endroits aussi froids et enneigées. Ici au Québec, on cherche à les fuir! Mais tes aventures sont super intéressantes et tu es très courageux de partir comme cela en solitaire dans des zones aux conditions difficiles. Mais je préfère être derrière l'écran pour en profiter :)

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    1. Merci pour ce commentaire. C'est vrai, tout le monde n'aime pas le froid et la neige comme la #Teamgivrés, mais ce sont des destinations souvent suprenantes. Mais bon, si vous venez de Québec, vous devez connaitre :)

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