Un petit partage?

vendredi 4 avril 2014

Bugøynes, un minuscule village de pêcheurs au nord de la Norvège !

11 commentaires :
 
Tjena,

J'ai envie de vous parler aujourd'hui d'un endroit précis où j'ai mis les pieds il y a presque deux ans maintenant: le merveilleux petit village de pêcheurs de Bugøynes, situé au fin fond de la Norvège et qui m'a touché bien plus que je ne l'imaginais. Bugøynes, c'était l'inattendu, le bout du monde humanisé et la découverte d'un mode de vie inédit. A Bugøynes, en fait, il m'était devenu impossible de rester impassible.

© B. Higuera 

L'histoire se déroule en 2012 dans le village de Bugøynes, situé 500 kilomètres au-delà du cercle polaire arctique en Laponie norvégienne, non loin de la Finlande et de la Russie. Après avoir déjà roulé un bon moment sur les routes verglacées et sinueuses du Finnmark, je découvre enfin cet endroit si spécial au détour d'un énième virage. Je suis immédiatement surpris par la position même du hameau, ce dernier étant situé en contrebas de la route et encerclé par les collines enneigées et la mer de Barents à plusieurs endroits. 

© B. Higuera 

A ce moment précis, je ne connais pas encore grand chose de cet endroit et pour être honnête, j'y suis un peu par hasard. J'apprends rapidement qu'environ 200 habitants, majoritairement des familles de pêcheurs, y vivent encore de nos jours. Je réalise aussi après coup qu'il y a beaucoup de personnes originaires de Finlande sur place, cela ayant d'ailleurs offert au village le surnom de Lille-Finland (Petite Finlande) dans les environs. Je me promène tout d'abord dans les rues et je suis rapidement intéressé par les belles maisons en bois de toutes les couleurs. Je suis aussi interloqué par le fait que presque toutes ces maisons soient entourées de palissades et que pas grand monde ne déroge à la règle. Au fond, cela donne un peu l'impression que tout est quadrillé mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Je continue ensuite mon escapade et je rencontre rapidement des locaux qui semblent heureux de pouvoir discuter avec des jeunes étrangers. Je me souviens précisément d'avoir croisé une dame ayant passé toute sa vie ici. Elle me raconte beaucoup d'anecdotes sur les voisins russes et semble aussi très inquiétée par le dérèglement climatique. Enfin, chose importante à mes yeux, elle me dit qu'elle ne changerait d'endroit pour rien au monde et qu'elle se sent bien ici, même si elle commence à avancer dans l'âge. Je me souviens encore de son visage et de son regard si différent, comme si c'était hier.

© B. Higuera 

Je fais aussi la connaissance d'autres personnes et sans les bousculer, j'essaye d'en savoir un peu plus sur ce qu'ils pensent de vivre ici. Globalement, je peux dire qu'ils sont attachés aux traditions de l'endroit mais aussi conscients que le village évolue et qu'il devient de moins en moins isolé du fait d'une industrie de la pêche en plein boom. Auparavant, il n'y avait par exemple pas de route avant 1962 et il était possible d'aller ailleurs que par bateau. De nos jours, un médecin vient sur place un jeudi sur deux et il existe même une petite épicerie et une poste au centre du village pour faciliter les choses, même si cela n'est pas non plus exceptionnel. Par la suite, je mange aussi un repas composé d'une soupe de renne et d'un sandwich au crabe et je réalise que la nourriture symbolise à elle même le mélange de culture qui peut être ressenti sur place entre les différentes influences sames, norvégiennes et finlandaises. On me raconte aussi par la suite l'histoire d'un équipage russe bloqué au port parce que sa direction ne souhaite pas payer les frais de réparation du bateau qui sont plus élevés que les salaires même des pêcheurs. Je n'ai pas l'occasion de rencontrer l'équipage en question et je ne sais pas ce que ce qui s'est passé par la suite mais je suis en tout cas amusé par cette anecdote surprenante. Je fais aussi un petit tour au port et j'en profite pour me renseigner sur les pêcheurs du village et leurs conditions de travail, eux qui vivent majoritairement du crabe Kamtshatka, un spécimen pouvant peser jusqu'à 12 kilos. 

© Daggy Li

Plus tard, des personnes avec qui je voyage m'appellent pour me dire qu'elles ont trouvé un sauna sur une plage à l'opposé du village. Je vois directement où elles veulent en venir et je les rejoins de suite afin de me baigner dans la mer de Barents, et donc par extension dans le mythique océan Arctique. Le village étant très petit, j'arrive rapidement sur la plage et une fois de plus, je n'en crois pas mes yeux. La vue est irréelle, entre au premier plan une plage de sable fin par endroit enneigée et au loin la mer de Barents qui me tend les bras. Je me change dans une vieille grange et me rapproche du sauna, lui situé dans une cabane qui tient à peine debout. Il nous reste encore de la route pour revenir à notre chalet en Laponie finlandaise avant qu'il fasse trop nuit alors nous essayons de ne pas trop traîner. Je me vois encore dans ce sauna rafistolé avec vue sur l'océan Arctique et je me dis que c'était quand même quelque chose d'incroyable quand j'y repense ! Par la suite, je sors en courant et dévale la petite colline me séparant de la plage pour enfin me jeter à l'eau. Verdict? C'est froid mais les vagues et le mouvement de l'eau rendent le moment plus supportable, presque agréable. Je n'ai pas vraiment le temps de profiter et je dois rapidement me changer à nouveau pour remonter dans la voiture sans avoir même pu prendre une douche.  

© B. Higuera 

Il est maintenant l'heure de quitter le village et de remonter les fjords en voiture, je réalise doucement que je viens de vivre un moment exceptionnel et ce ne sont pas les rennes visibles pendant le coucher de soleil sur les collines avoisinantes qui me feront dire ou penser le contraire. Je suis euphorique et je suis content d'avoir pu discuter avec des gens ayant une vie si différente. Avec du recul maintenant, je me dis aussi que Bugøynes a certainement joué un grand rôle dans le développement de ma passion pour le Grand Nord. Et puis, je me dis aussi qu'au final, Bugøynes fait parti de ces endroits qui marquent plus que les autres quand on voyage, et le plus beau dans tout ça, c'est qu'on ne saura jamais vraiment pourquoi. 

Tu souhaites aussi vivre une expérience de la sorte et visiter des petits villages de pêcheurs le long de la côte norvégienne? Alors n'hésite pas à te renseigner, par exemple sur ce site, ou à me demander conseil si tu en as besoin. 



Allez, 

A très bientôt, 

Léon

11 commentaires :

  1. Je ne devais pas être loin, Meham, entre le cap nord et la Russie, et je me souvient des plages paradisiaques, avec la neige tout autour...souvenir très particulier !!!

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  2. Très jolies photos et surtout, très bel article!!
    Je n'ai pas été aussi haut en Norvège, je m'étais arrêtée aux Lofoten mais j'avais eu une expérience un peu similaire... J'étais dans un des petits villages près de Reine, en hiver (je crois que c'était le dernier jour avant le début de la nuit polaire) : pas un seul touriste en dehors de nous (alors qu'en été, ça doit être plein), quelques habitants heureux de pouvoir parler de leur île. Je me souviens que j'étais dehors pour voir le lever/coucher de soleil et un des habitants est venu vers moi avec un thermos pour me tenir compagnie, j'avais trouvé ça adorable!
    Mais au final, peu importe pourquoi ce voyage a marqué plus qu'un autre... ce qui compte, c'est justement ce ressenti :)

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    1. Merci pour ce joli commentaire ! Je n'ai jamais été aux Lofotens pour le moment mais c'est sur ma to-do-list ! A bientôt, Léon.

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  3. Je suis restée bouche bée sur la photo de la plage. Quel contraste !

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    1. C'est clair, on dirait presque un montage et on dirait presque aussi qu'il fait chaud dessus ! Merci pour ton commentaire ! :)

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  4. Oui, cela a dû être une expérience hors du commun.
    Je ne devais pas être très loin en 1986 lorsque j'ai vu Kirkenes avant de faire une rando à skis en Laponie finlandaise... c'était à la fin de l'hiver.
    Mili : Reine, si je me souviens bien, c'est à côté de Stamsund. Je m'y suis rendu à pied par un jour d'été pluvieux.

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    1. Bonjour Jacques ! J'imagine qu'en 1986, les traditions devaient être encore plus ancrées que de nos jours. Cela devait être très intéressant. Kirkenes, je n'ai pas encore eu l'occasion d'y aller mais un jour, qui sait? Merci encore pour le commentaire ! Léon.

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  5. Ca donne vraiment envie d'y aller et de vivre la meme expérience ! Je n'ai pas été dans ce coin encore mais je garderai en tete ton article si jamais :-)

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    1. Je te le souhaite en tout cas ! Merci pour ton commentaire :)

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  6. Tes photos sont superbes, et ça donne hyper envie d'aller se perdre dans cet endroit loin de tout, et au calme. Je susi en Norvège dans 5 jours, je n'aurai malheureusement pas le temps d'aller si loin au Nord, mais clairement j'y repenserai pour un prochain séjour (plus long) en Norvège !

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  7. Tu m'as transportée ! Merci pour ce petit voyage à Bugøynes, j'ai eu l'impression d'y être ! Je serais curieuse de savoir comment l'histoire de l'équipage Russe s'est terminée !

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