Un petit partage?

vendredi 10 octobre 2014

Une randonnée dépaysante dans les Lofoten

6 commentaires :
 
Hej,

Enfilez vos grosses chaussures, mettez une tenue de sport adéquate et apprêtez vous à transpirer avec moi sur les hauteurs de Svolvær, au coeur des îles Lofoten. Direction la célèbre "Porte du Diable", tout au Nord de la Norvège, pour découvrir des paysages uniques en Scandinavie


Nous sommes le dimanche matin. De très bonne heure, j'arrive sur le petit parking qu'on m'a conseillé pour effectuer cette randonnée, mais rapidement, le doute s'empare de moi. Est-ce vraiment ici que la randonnée débute? A part une école maternelle, des petites maisons et une drôle de falaise, je ne vois rien. Je vérifie, mais d'après la carte, je suis bel et bien au bon endroit. Je me demande où le chemin peut bien démarrer, et surtout, je me demande où le chemin peut passer. Il n'y a pas beaucoup d'indications mais après quelques instants, je trouve le petit sentier en question. Celui qui est sensé m'emmener plus haut dans la montagne. Je fais quelques mètres et rapidement, je comprends ce à quoi je vais avoir le droit aujourd'hui. 

Le chemin se trouve à même la falaise et monte très brutalement. Très vite, je dois m'agripper à une corde sur de la roche lisse et plutôt humide. Monter, grimper, escalader. Me démerder, surtout. Faire ce que je peux. Aussi, je me tiens aux arbres et je tire la force de mes bras quand les obstacles sont trop hauts. Je passe sous un rocher, monte sur un autre. Des autres. J'ai le souffle coupé au bout de quelques minutes seulement. Je sens mes poumons qui brûlent. Mais quel réveil! Un peu plus loin, je croise un couple norvégien qui descend. Ont-ils dormi là-haut? Je vois la dame en difficulté et doit même l'aider à sauter d'un rocher à un autre dans un virage se trouvant au-dessus du vide. L'effort l'a beaucoup marqué et elle arrive à peine à me dire merci. Son mari à l'air désolé. Je me pose des questions. Est-ce raisonnable de continuer seul? 


Plus tard, je sors enfin de la forêt. De la jungle, j'ai presque envie de dire, tellement l'endroit est sauvage et non accueillant. J'arrive sur une sorte de plateau se trouvant entre la ville et la montagne. Les arbres ont disparu, ils ne restent plus que de l'herbe, des immenses rochers, de la mousse et des petits arbustes. Le contraste est grand entre les deux types de végétation. Je continue et je m'arrête au bord d'un ruisseau, je bois directement dedans, tel un aventurier. Un aventurier du dimanche, oui. Je me mouille le visage, observe le paysage. Je continue à monter, le chemin est assez instable, les pierres glissent. Je me rapproche de la crête, pas à pas. 

Je vois d'autres gens, les premiers depuis un petit moment. J'arrive à la "Porte du Diable" et je n'ai en fait rien vu venir, cette dernière étant cachée pendant la montée et seulement visible une fois au sommet. Je ne m'imaginais pas ça comme ça. Je ne suis pas déçu, l'endroit est époustouflant, mais je suis simplement surpris. Le vent souffle et je sens le crachin s'accumuler sur mon visage. Je mets ma polaire et mon bonnet pour ne pas givrer. Je ne compte pas traîner là mais avant de repartir, je compte bien aller faire un tour sur ce rocher coincé entre ces deux montagnes. Celui-là, oui, je ne vais pas le rater. Pour le souvenir. Pour la photo. Pour l'adrénaline. Je prends mon courage à deux mains et je descends dans un petit fossé, je remonte à droite le long de la montagne, à même la roche et j'avance doucement sur la fameuse pierre. Je ne regarde pas en bas. Surtout pas. Je m’assois et m'agrippe discrètement au rocher pour la photo. Aussi fort que je peux. Quoi, comment ça, j'ai l'air tendu? A la porte du diable, c'est vrai, je ne faisais pas le... malin. 


Dans les minutes qui suivent, je reprends mes esprits et reviens sur la terre ferme. Je suis heureux d'y avoir été, aussi impressionnant que c'était. En fait, je n'ai pas envie de rentrer maintenant et je continue à explorer la montagne. Je marche de nouvelles minutes en dehors du sentier, entre éboulis et herbes humides. J'essaye de ne pas me coincer le pied et rapidement, je retombe sur un autre minuscule chemin. Après avoir longé la montagne, je reprends de la hauteur. Le chemin monte de manière très forte et zigzague de gauche à droite. Je fais 2 pas, je tourne à droite. Je fais 2 pas, je tourne à gauche. Et ainsi de suite. Le cardio explose à nouveau mais je baisse la tête, serre les dents et gère mon effort. J'arrive rapidement au sommet de cet autre versant, et là, j'ai encore du mal à en croire mes yeux. La mer turquoise, les montagnes vertes, l'archipel qui serpente au loin, les petites voitures en bas sur la route, les bateaux au large, tout est à sa place, et moi au-dessus. Quelle vue! Des couleurs, du vent doux, des rayons de soleil, une vraie carte postale, mais en beaucoup mieux. Un panorama immense et profondément impressionnant. J'ai presque l'impression de pouvoir voler, j'ai envie de voler. Oui, je me sens léger.


Je profite pendant un moment de cette vision à 360 degrés. Je ne sais plus où regarder. Je savoure. Je jubile. Puis sonne l'heure du retour. La tête toujours dans les étoiles, je fais une fois de plus de mon mieux pour rentrer en un seul morceau. Le chemin est tellement pentu qu'il serait facile de prendre de la vitesse, même en faisant attention. Je vais chercher ma cheville à droite. Je récupère mon genou à gauche. Je repasse à la rivière pour faire une pause et offrir un peu de répit à mes pauvres jambes qui arrivent à peine à me porter. Lourdes. Tremblantes. Elles supplient la montagne de mieux les traiter. Plus tard, après être repassé dans la forêt, après m'être à nouveau aider des arbres et de mes bras, après m'être à nouveau tenu à cette corde et après avoir de nouveau enjambé des dizaines de rochers, je suis de retour au parking. Épuisé, mais apaisé. Je vais, aussi vite que possible, me baigner dans un lac frais. Pour souffler avant de rejoindre mon compagnon de voyage. Avant de reprendre la route, une fois de plus. Je suis charmé, enivré, bluffé et enchanté par cette promenade. Et surtout, par les Lofoten. Parce que Lofot'aime, un peu, beaucoup passionnément, à la folie. Plus que tout? 


Vi ses, 

Léon 

6 commentaires :

  1. Tu as mis combien de temps pour atteindre la Porte du Diable ? On avait eu envie de faire la rando en 2009, mais on n'avait pas trouvé le sentier. Quand je lis ton récit, je me dis qu'heureusement vu notre niveau haha !
    Quel panorama plus haut en tous cas ! Pfff les Lofoten.... Magiques Lofoten...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Donc je ne suis pas le seul qui a eu du mal à trouver le sentier, ça me rassure! ^^
      Niveau timing, je peux pas vraiment dire parce que j'ai fait quelques pauses et quelques détours, mais en gros, je dirais qu'il faut une demi-journée pour un peu profiter. :)

      Supprimer
  2. Lofoten : y aller !
    Roh c'est vraiment superbe, pour le coup c'est un endroit que je préférerais voir en été plutôt qu'en hiver (bon, je cracherais pas non plus dessus en hiver)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai que cette randonnée en hiver, ça aurait été très compliqué, peut être même impossible! Après, en hiver, imagine voir des aurores boréales avec ces montagnes en toile de fond... ça doit être excellent!

      Supprimer
  3. Beaucoup d'amøur pour les Lofoten!
    Et sinon, l'école maternelle aurait du te mettre sur la voie : dès qu'il y a une montagne et une rando, les norvégien y casent leur barnehage, c'est maladif. Parfois même tout en haut ;)

    RépondreSupprimer

 
© 2012. Design by Main-Blogger - Blogger Template and Blogging Stuff