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mardi 7 avril 2015

Découvrir l'Antarctique, l'expérience inoubliable de Lucie

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Tjena, 

Après avoir pris la direction du Grand Nord et de l'Arctique avec l'interview de Lucas, voici une interview inédite de Lucie qui nous emmène à l'autre bout du monde, en Antarctique. Des rencontres intenses avec les baleines aux moments plus calmes avec les manchots, sans oublier quelques autres expériences insolites et originales, Lucie a accepté de mettre des mots sur ce voyage inoubliable et fascinant. Dirigeons-nous donc sans plus attendre en Antarctique, continent le plus méridional de la terre situé autour du Pôle Sud.

Bonjour Lucie, peux-tu te présenter en quelques mots? 

"Bonjour à tous! Je m'appelle Lucie, j'ai 28 ans et je viens tout juste de revenir d'un tour du monde de 15 mois. Je blogue sur Voyages et Vagabondages, où je parle d'évasion, de voyage en solo, de cultures et d'aventures". 


Dans quel(s) pays froid(s) as-tu-été jusqu'aujourd'hui? Quel est ton préféré? 

"C'est marrant, parce que je ne suis pas du tout une adepte du froid et de l'hiver, mais je tombe souvent amoureuse des pays nordiques, en raison de leurs cultures, des habitants, des paysages... J'ai vécu un an en Suède et six mois au Canada et je suis également allée en Islande, Norvège et Finlande". 

Tu as notamment été en Antarctique l'an passé. D'où est venue l'idée d'y mettre les pieds?

"J'ai découvert que c'était possible sur le blog de Sarah, lorsque je rêvais encore de partir en tour du monde et plus je lisais de choses sur l'Antarctique, plus j'avais envie d'y aller. Pour la faune et pour les incroyables paysages. Et pour le fait que ce soit le seul continent inhabité". 


Globalement, comment cela s'est-il passé? Qu'en retiens-tu? 

"Cela s'est très bien passé et si je suis honnête, ce fut probablement le meilleur voyage de ma vie et je souhaiterais pouvoir y retourner chaque année. Les paysages sont à couper le souffle et les rencontres animalières se succèdent. En l'espace de 10 jours, j'ai vu plus d'animaux sauvages que je n'en ai vu dans toute ma vie. Chaque sortie est une aventure et chaque découverte est merveilleuse. Les paysages continuent à l'infini et c'est un endroit parfait pour les grands rêveurs". 

Tu y as notamment passé une nuit à la belle étoile, quelque chose d'assez surréaliste quand on y pense. Comment as-tu vécu cela? 

"Je redoutais vraiment d'avoir froid, mais je m'en suis sortie! En gros, j'ai porté tous les vêtements que je possédais dans mon sac à dos, dont deux foulards, trois paires de gants, de nombreux t-shirts, des leggings et un pantalon imperméable... Nous avions ensuite un matelas, un sac de couchage polaire et un étanche et nous dormions sur nos bottes et manteaux pour qu'ils ne gèlent pas. Ce fut une nuit magique au cœur du silence de l'Antarctique, en plein "jour" et au milieu des manchots. J'ai très bien dormi et ne me suis réveillée qu'une fois pour regarder le lever du soleil, puis à 6 heures, à l'heure de la levée du camp. D'ailleurs, quand je me suis réveillée, quasiment tout le monde était prêt à partir et il y avait trois manchots juste devant moi. C'était le matin du 24 décembre..."


Sur ton blog, tu parles aussi longuement de ta rencontre avec les animaux (des phoques, des manchots, des baleines notamment). Lequel t'as le plus impressionné? 

"Les rencontres avec les baleines sont toujours les plus impressionnantes, surtout de si près et au bout du monde. Nous avons eu plusieurs belles rencontres en zodiac et à bord de notre bateau de croisière, où elles sont venues jouer avec nous pendant plus d'une heure. Mais il y a aussi eu les adorables phoques, dont le très impressionnant léopard de mer et les manchots. Je pourrais rester assise à les regarder pendant des heures; ils sont tellement fascinants". 


Plus largement, aviez-vous des consignes particulières pour respecter la faune et la flore? Peut-on parler de tourisme durable ou responsable? 

"C'est définitivement quelque chose à prendre en compte lorsque l'on voyage en Antarctique. Notre bateau était totalement écologique dans son système et nous avions en effet des règles strictes. Les vêtements que nous portions à terre ont été lavés et aspirés au départ, pour éviter d'emmener avec nous des graines ou des bouts d'herbe qui perturberaient le système écologique. Nos bottes étaient lavées et désinfectées à la sortie et à l'entrée du bateau. Les manchots ne peuvent pas être approchés à plus de 5 mètres, à moins qu'ils n'en fassent le choix eux-mêmes. De même, on nous fournit une bouteille d'eau métallique pour ne pas ramener de plastique et l'on nous déconseille les mouchoirs en papier. Lors de notre camping, nous ne devions laisser aucune trace, même celles de nos corps dans la neige. Lorsque les lieux de débarquements sont choisis, l'on fait bien attention aux différentes colonies animales pour ne pas les perturber et pas plus de 100 personnes sont autorisées à débarquer au même endroit au même moment. Ces règles étaient très importantes et permettent de vivre ce voyage tout en respectant au mieux le continent. Par ailleurs, durant la traversée, nous assistions à différentes conférences pour en apprendre plus sur les lieux. J'espère que ces règles vont continuer à être respectées et que les prix seront toujours élevés pour éviter le tourisme de masse". 


Au niveau de la météo et des paysages, était-il possible de passer assez de temps à l'extérieur pour vraiment profiter ou le froid était-il vraiment une contrainte? 

"J'y étais durant l'été, donc il ne faisait pas si froid que cela, surtout si vous êtes bien équipés. On pouvait passer 3 heures dehors environ à chaque fois. Il est essentiel d'acheter des sous-vêtements thermiques, une bonne paire de gant et un pantalon imperméable avant de partir. Ils vous fourniront un manteau gore-tex et des bottes sur place. A noter que si les conditions sont mauvaises, vous ne pourrez peut-être pas suivre le programme initial. Nous avons eu beaucoup de chance et nous avons pu faire toute la traversée du canal Lemair. Le premier jour, j'ai eu très froid, il y avait un vent glacial et à l'avant du zodiac, je me prenais de l'eau froide dans la figure. Le second jour, j'étais mieux habillée et tout s'est mieux passé". 

Enfin, pour ceux qui veulent un jour y aller, quels sont tes conseils pour faire baisser les prix ou éviter les voyages trop touristiques? 

"Un voyage en croisière en Antarctique sera forcément touristique. Il est difficile d'y couper, à moins de faire du bateau-stop ou d'embarquer en expédition scientifique ou autre. Cela me faisait un peu peur au début, car je me suis retrouvée sur un bateau d'environ 250 personnes. Le premier jour, notre espace pour marcher était un peu petit et je me suis sentie étouffée par les autres autour de moi, mais ensuite nous pouvions accéder à de plus grands espaces et c'était facile de se retrouver seule pour profiter. Il ne s'agit pas d'une croisière Club Med, mais bien d'une croisière d'expédition, ce qui se ressent dans la mentalité des gens à bord et dans les activités. Une croisière en Antarctique coûte très cher, environ 10 000 $ pour 10 jours en cabine partagée. Si vous vous rendez à Ushuaïa en Argentine, vous pourrez trouver des offres de dernière minute. Pour ma part, j'ai payé 3900$ pour 10 jours. Ce n'est pas un des meilleurs prix, mais c'est un bon deal. 

J'explique tout cela en détails dans l'article "En route vers le bout du monde". Aussi, si vous avez des questions sur un tel voyage, n'hésitez pas !"


Alors, qu'en pensez-vous? Avez-vous envie de découvrir l'Antarctique, destination givrée par excellence

Même si je me méfie tout de même un peu de l'impact environnemental d'un tel voyage, je dois reconnaître que l'expérience demeure incroyablement tentante. Qui plus est, Lucie a vécu un moment dans la même ville que moi en Suède. Dois-je voir dans cette anecdote un petit signe du destin? Seul l'avenir nous le dira. 

Vi ses, 

Léon 
 

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